Le road trip de Paul & Joe

Cette saison, Sophie Albou-Mechaly est au volant de son combi Volkswagen avec sa joyeuse bande de potes pour une traversée aux quatre coins du globe. De ces aventures hippies et chics de Cuba, à Hawaï, en passant par l'Afrique du Sud, elle finalise ce road-trip au Comptoir Général. Le lieu est comme un mood-board, véritable bric-à-brac d'objets vintage dans un jus hyper fifties, et devient le décor idyllique où les acteurs de la collection de Paul & Joe entrent en action. Une interview de Sophie Albou-Mechaly pour Paul & Joe et de Adrien Albou pour Piscine Municipale. Moteur, ça tourne !

Au fil de l’eau, au fil des vents

Les océans tissent le lien de cette nouvelle collection. Cette « aquatitude » crée des indices stylistiques pour construire un Printemps/Été 2015 qui reprend les codes de la maison Paul & Joe : de la faune, de la flore et des animaux. L’eau, c’est la vie qui fait aussi pousser la flore et qui régénère la faune.

Paul and Joe Piscine Municipale
© Paul & Joe

À ce sujet, les représentations, les illustrations des imprimés sont nouvelles, plus exotiques, encore plus mix et matchées et encore plus dans une transversalité douce. La saison nouvelle est légère comme la brise du Santa Ana, ce vent californien chaud et rafraîchissant comme une brise de Floride. De Miami à Cuba, il n’y a qu’un vol d’oiseau pour se rendre à la Havane.

Dieu est un fumeur de Havanes,
C’est lui même qui m’a dit
Qu’la fumée envoie au paradis
Je le sais ma chérie.

Dieu fumeur de Havanes, Serge Gainsbourg, 1980

Tu es belle et intrigante

La somptueuse capitale cultive l’esthétique du délabrement et les hommes et les femmes qui y vivent, restent dignes. Cette image séduit Sophie Albou-Mechaly pour construire sa collection. Une gamme de couleurs inspirantes est piochée sur les façades d’immeubles en ruines. Les tissus armurés s’inspirent des fissures des murs, de la patine des murs.

Paul & Joe Piscine Municipale
© Paul & Joe

Les rides de la ville sont les traces d’une vie jadis faste qui transmet une émotion. Voitures d’époque, cigare havana, Ernest Hemingway, Plazas de Armas, Franck Sinatra, Catedral de San Francisco, mojito et Maleçon sont les flashs qui au-delà d’une île figée dans le temps, nous renvoie à un mythe moite et humide. Comme la collection métissée du Printemps/Été 2015, Cuba est le point de départ d’une aventure globe-trotteuse.

Planète métissée

Le multiculturalisme s’exprime aussi à Hawaï avec une communauté japonaise qui appréciera le mélange éclectique des motifs régressifs et dessinés. Un ananas invite en imprimé à la gourmandise. Un micro-imprimé de cerises se balançant comme des singes qui sautent de branches de palmiers en branches de palétuviers.

Paul & Joe Piscine Municipale
© Paul & Joe

Dans la continuité de la tendance picturale à la Douanier Rousseau, Sophie Albou-Mechaly, comme une botaniste, répertorie son conservatory. En Afrique du Sud, il est question de surf et de liberté, d’un imprimé toujours « cute » plus tagué, gratté, griffonné. Le costume est subtilement taillé pour nous inviter à prendre la vague sans se faire tailler une veste. Les volumes sont flatteurs et les coupes des vêtements collent à notre époque.

Triangle des Bermudes

Les shorts des Bermudes s’allongent donc en bermuda à moins que des bases de pantalons soient coupées en short. À cette occasion, Piscine Municipale en profite pour présenter sa ligne de maillots de bain, dont la force est de proposer des tissus aux imprimés exclusifs, piqués aux costumes de ville. Pourquoi ne pas les porter à la sortie de l’eau avec ce coupe-vent Paul & Joe qui lui attrape au vol l’imprimé griffoné cat’s street.

Vous connaissez cette rue de Tokyo qui fait le lien entre Shibuya et Ometosando, couverte de graphs et de stickers. Côté pièces phares, l’esprit collège persiste dans un teddy, un sweat à message car voyager c’est bien mais il faut aussi penser à la rentrée. Les matières à étudier seront la percale de coton, le voile de coton et des tissus italiens masculins coupés dans le vif du sujet.

À suivre