Ami, sauvé par le gong

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par William Arlotti

Focus sur la collection Printemps/Été 2015 de Ami Alexandre Mattiussi qui nous fait vivre un retour vers le futur en s'inspirant des soap-opéras des années 90. Sauvés par le gong pour un premier baiser.

Ceux et celles qui ont connu la décennie 90 en construisant leur adolescence y retrouveront des souvenirs traités avec élégance et subtilité. Pour les autres, il faudra juste fantasmer cette époque en piochant dans le dressing proposé pour vivre ce transfert et cette expérience offerte par le look. Le soap-opéra est un genre télévisuel qui se traduit par « roman-savon ». Les origines du format sont bâties par Procter & Gamble, Colgate-Palmolive et Lever Brothers. Ils voient dans la sérialité les moyens astucieux de placer des réclames de savonnette, pendant les pauses publicitaires. Sauvés par le gong est la source d’inspiration de Ami Alexandre Mattiussi. Ce feuilleton sentimental est basé sur un comique de situation où love story en amourette et intrigue participent à une narration en ouverture permanente. Ainsi, un épisode s’achève avec la belle promesse que l’histoire se prolongera dans un épisode suivant. Un peu comme le rythme des collections de Ami… À suivre…

Vous êtes convoqué(e)s

De 1989 à 1994, la Bayside High School en Californie est le décor des aventures de  Zack, Slater, Screech, Lisa, Kelly et Jessie. Les journées se composent d’aventures drôles et amusantes sur les bancs de l’école. Avec des rendez-vous et des convocations dans le bureau du principal Richard Belding.

AMI Alexandre Mattiussi
Photographie par  Aymeric Le Breton — albphoto.fr

Le gong sonne donc pour Alexandre Mattiussi et il n’a nullement besoin d’être sauvé. La collection de la saison prochaine est encore une belle réussite avec une nouvelle histoire qui se construit comme un auto-portrait avec ses envies personnelles.

Copains d’avant

L’ouverture du show est un miroir pour le public présent qui se retrouve face à une classe d’ado qui dévale les escaliers quand la sonnerie retentit. Un miroir, aussi, pour le créateur qui nous plonge dans un portrait de classe avec le clin d’œil d’avoir son double ado coiffé du fameux bonnet rouge avec un pull molletonné AMI comme pour le générique d’une série télévisée annonçant le titre Premier Baiser.

AMI Alexandre Mattiussi
Photographie par  Aymeric Le Breton — albphoto.fr

Dans les cafés du lycée, faut que tu bluffes, que tu mentes autour des diabolos menthe quand tu racontes les nuits du dernier été. De tous ces premiers amants que tu n’as eus qu’en rêvant, dans tes classeurs de lycée, y a tes rêves et tes secrets. Tous ces mots que tu n’dis jamais, des mots d’amour et de tendresse, des mots de femme que tu caches et qu’on condamne. Que tu caches, petite Anne, que tu caches et qu’on condamne, que tu caches, petite Anne.

Michel Simon, Diabolo Menthe

À vos agendas scolaires

Cette saison, le dressing est preppy-school avec des boutons blanc qui sont des attrapes regards et contrastent avec les matières. Tee-shirt et sweat-shirt aux codes in-house, tartan plaid vert et carreaux pour questionner le clan, se posent sur des chemises.

AMI Alexandre Mattiussi
Photographie par  Aymeric Le Breton — albphoto.fr

Les pantalons se jouent de coupes larges et s’associent à des sweat à capuche. Un classique des lycées pour une touche sportive et streetwear. Le jeans est noir et les bretelles donnent un style pour se différencier des autres dans la cour ou au café. Premier baiser et sentiments pudiques se dessinent sur une veste à cœurs rouges transpercés de flèches.

La vedette du lycée

Le « bogoss » de la promotion 94 reste chic avec un pantalon à longueur de cheville, une chemise sur blazer youthqake. Du jeans à revers, des pulls over molletonnés et des manteaux surdimensionnés composent le vestiaire. L’idée est d’acheter une taille au-dessus pour porter la pièce, la saison d’après, à un âge où l’on grandit si vite… Lignes et carreaux, gamme en bleus vibrants, jeans et molleton signent le bel esprit de cette collection qui donne encore et toujours envie. Une fois de plus…

À suivre