Jour 1 - Fashion Week SS15 - Corrie Nielsen

L’influence de l’exposition Les années cinquante de 1947 à 1957 au Palais Galliera donne de la suite dans les idées aux créateurs de cette semaine parisienne. Sur une bande son un peu rétro yéyé, le single a Very Stylish Girl de Dimitri From Paris manipulé à la sauce BB et Birkin, donne alors le ton.

Gentille petite Sheila

Les petites filles gâtées de l’américaine Corrie Nielsen semblent, cette saison, s’être inspirées de pauses apprêtées de mannequines de papier glacé. Drama ! Glamorama sous extase, ces dames se pâment devant des dressings botoxés si pretty, un peu preppy et super-bumping.

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Les blondes prennent des allures expressives, remaniées par une mise en beauté de la décennie fantasmée mais projetée dans un futur 2001. Notre futur vu par par les années 60 revient dans les rétro-viseur. Les héroïnes de la saison sont un croisement de Kelly-Callas. Le concept colle à la philosophie de Corrie qui aime modifier génétiquement ses vêtements à grandes coupes techniques dans le textile, les étoffes et les matières chics mais techniques.

Manipulation dans l’atelier

Les volumes basculent dans le dos et en trame de fond se dessine l’habit flamand et austère espagnole. Dans cette Folie des Grandeurs,  les bonnets gonflables pour séchoir et autre casques gonflés pour sèche-cheveux invitent la femme Nielsen à quitter le terre pour établir un contact…

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L’hôtesse de l’air spatiale s’habille pour prendre un cosmopolitan au bord de la voie lactée et écouter Contact, une autre chanson de Bardot. Notre Brigitte des années 1960 n’a-elle pas accompagné et aidé la Femme à se libérer de toutes ses contraintes et devenir libre.

Modification organique

Corrre Nielsen est une belle manipulatrice qui rend hommage à Orlan à chaque édition : forme, pading, matière, bumping, boudineries tortillées, gaines tubulaires placées pour faire évoluer le corps. La taille est déplacée, les hanches sont arrondies et le ventre est déformé pour offrir une ligne comme une gueule de loup. Ici, nous parlons de la fleur. Le satin est champagne pour aller vers un all-over sequins gold et le voile d’organza est un appel du regard à layeriser des parties du corps. Le latex est une seconde peau qui touche au fétiche et à la chaire.

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Comme nous n’avons plus de saison, des soies aux tonalités pâles vont à rebrousse-poil dans la tendance pour se confronter à un mohair totalement blanc. Nous sommes loin du minimalisme des formes de ses consœurs qui ne se prennent pas la tête dans leurs plans de collections quand il y en a… Les temps changent ma petite dame et Corrie ne modifie pas sa recette du bodymodification…

Photographie Aymeric Le Breton — albphoto.fr