Jour 2 - Fashion Week SS15 - Yang Li

L’installation du défilé de Yang Li au Jeu de Paume est sobre et lumineuse. Une boite blanche structurée par des bancs noir. Les lignes de fuite joue sur la verticalité et l’horizontalité avec des néons répétés et ordonnés. Les deux directions et dimensions composées de plusieurs néons reçoivent la collection du Printemps/Été 2015 pour un effet hypnotique. Un hommage à l’artiste Dan Flavin comme une piste de décollage pour des anges mannequins qui ne veulent plus avoir les pieds sur terre. 

Sous hypnose

La bande son est une hypnose totale. La voix off de Max Von Sydow nous téléporte vers un ailleurs. La connection avec Lars Von Trier est évidente et émouvante pour ce décollage immédiat.  Le paradoxe à la fois angélique et sombre entre la réalité et l’irréalité construit cette collection.

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La notion est renforcée aussi par le cousu, le décousu et le bord franc dans la manière unique de faire une mode différente. Des morceaux d’étoffes sont placés sur les dos de manteaux et de vestes comme si les ailes des modèles avaient été arrachées, découpées, ôtées.

Loin de la fatalité

Pourtant Yang Li dans un tourbillon de poésie arrive encore une fois de plus à nous faire prendre un envol entre force et mélancolie. Les jupons respirent. Les vestes chemises king-size en voile, soie et organza sont nonchalantes et romantiques.

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D’une technique précise adaptée à la coupe et à la construction bien-faite des vêtements, Yang Li avec une liberté revendiquée ose aller vers des rajouts chaotiques et déconstruits. Le tartan mouchoir côtoie un voile de soie et cohabite avec une laine froide plissée. Un vrai parti pris qui nous réveille eu deuxième jour calme de ces présentations.

Ange déchu

Dans un dressing extraordinaire, le faux minimalisme est contrasté de matières et étoffes mates et opaques. Les anges déchus s’habillent clouées d’une étoffe déchirée et les coutures comme des prints de suture sont prises dans le vif de la chair. Les plissés sont romanesques et la  mousseline est un nuage tourmenté qui illustre notre époque. Avec Yang Li, la couture est donc technique et évanescente.

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Les manteaux, les vestes, les blouses comme des robes de chambre, en structure porte-feuille croisée donnent envie de se lover dedans alors que le cuir lavé et soigné devient une puissante carapace pour se protéger de la méchanceté gratuite des autres. Les pièces de cuir contre jupons vaporeux jouent sur le stable et le non-sens de la vie alors que des t-shirts contemporains renvoient des messages codés pour faire une fashion révolution. C’est Worm Silk. La typographie gothique nous murmure que le processus est déjà en marche.

Photographie Aymeric Le Breton — albphoto.fr

À suivre