Les pépites de l'Art Contemporain mises en avant à la Galerie Mougin

À quelques numéros de sa galerie initiale, Gladys Mougin a ouvert un nouvel espace, au coeur du Carré Rive Gauche (Paris VII), où elle a été l’une des pionnières à défendre la création contemporaine. Cette grande Dame qui a précédemment travaillé dans la mode et qui a côtoyé des grands noms du stylisme français et international nous a parlé de sa galerie et de sa passion pour l'Art Contemporain au micro du Fashion Post.

De la Mode à l’Art Contemporain

Savoir-faire, matières rares, pièces uniques, poésie des formes, et éclectisme rythment les sélections de Gladys Mougin. Venue du monde de la mode, elle ouvre sa galerie, en 1990, et porte ses choix sur les œuvres de créateurs contemporains originaux qui savent se faire rares. Elle sélectionne les pièces pour leur qualité et leur singularité, tout en veillant à leur intemporalité. Au coeur du Carré Rive Gauche, elle est l’une des premières à présenter des créations contemporaines, et représente des artistes aux techniques et univers très variés.

Depuis l’ouverture de sa galerie elle a exposé du mobilier, des bijoux, des éléments de décoration tels des bas-reliefs, laques, émaux…. Son lieu est vite devenu l’une des adresses prisées des décorateurs et collectionneurs. Un goût assuré et personnalisé a permis à Gladys Mougin d’asseoir son style.

Photo 2 du nouvel espace de la Galerie Mougin

En avril 2015, elle présentait deux de ses artistes au Ministère des Affaires étrangères, dans le cadre d’AD Collections : André Dubreuil et Laurence Montano, ceux par qui tout a commencé.

Photo 6 du nouvel espace de la Galerie Mougin Miroir Farfelus Farfadets+ sculpture Nathalie Ziegler Pasqua

ANDRÉ DUBREUIL

Pivot de la sélection de la Galerie Mougin, André Dubreuil a aussi permis, provoqué la création de la galerie. Après des stages auprès d’antiquaires, il s’expatrie en Angleterre où il travaille une quinzaine d’années, et c’est là que débute sa collaboration avec Gladys Mougin alors que celle-ci lui rend visite. Grâce à cette complicité artistique et professionnelle naît quelque temps plus tard la Galerie Mougin. A Londres, la rencontre d’André Dubreuil avec différents créateurs s’avère décisive : il va tout d’abord s’intéresser à la barre à béton. Barre à béton qu’il tord et transforme à sa guise : il crée des chaises, parmi lesquelles la Spine en 1986, des appliques, des lustres…

André Dubreuil, de nature curieuse, se tourne ensuite vers d’autres métaux : le cuivre, l’émail, l’acier. Aussi, il utilise les perles de verre pour parer des commodes, lanternes, appliques, miroirs. A l’inverse d’un designer, il privilégie la pièce unique, et voue une passion aux arts décoratifs. Il ne s’intéresse qu’au travail artisanal, dans la plus pure tradition des orfèvres et ornementalistes, et s’inscrit dans la lignée des Boulle, Riesener, Gallé, Rateau… De renommée internationale, il collabore avec plusieurs musées.

LAURENCE MONTANO

Né au Maroc, il suit, à Bordeaux, des études de Lettres qui développent son goût du symbolisme légèrement surréaliste, puis voyage, entre 1957 et 1980, tout en fréquentant quelques ateliers, en France, dans lesquels il parfait ses connaissances et développe un savoir-faire. Architecte d’intérieur de 1980 à 1990, il réalise, dès 1990, ses premières œuvres en plâtre, principalement des luminaires. Bientôt il décide de se consacrer à la création et, il débute, en 1992, la production de pièces de mobilier en plâtre pour des particuliers. Le plâtre, matériau du sculpteur par excellence, l’entraîne vers le bronze qui devient son support de prédilection.

Laurence Montano Meuble

Depuis 1994, il est représenté par la Galerie Mougin, pour laquelle il réalise des pièces en bronze sur commande tels des tabourets, fauteuils, consoles. On relève des influences antiques, égyptiennes et étrusques, et parfois africaines. Bien qu’utiles et pratiques, ses créations s’imposent parmi les oeuvres d’art. Il réalise des objets telles de véritables sculptures. 

MICHAEL POHU

Autodidacte, Michael Pohu se lance, à 23 ans, dans la création et réalise une série de pièces de mobilier, en associant différents matériaux. Son goût du métal naît aux côtés de son père, tourneur-fraiseur : tôt, celui-ci l’initie à la manipulation de l’acier et lui en dévoile la malléabilité étonnante. Aussi il découvre le fer et le laiton dont il apprécie les patines profondes. Quant à l’inox, trop clair à son goût, il en use occasionnellement. Il s’installe, en 1995, dans un premier atelier où il choisit de se consacrer exclusivement à l’acier. Il expose en 1995, puis en 1999. Il réalise des esquisses influencées par la science-fiction qu’il grave ensuite à l’acier sur ses réalisations. En juillet 2000, il rejoint la Galerie Mougin.

ALASDAIR COOKE

Né dans le Yorkshire (Angleterre), Alasdair Cooke suit des cours de joaillerie, de sculpture sur bois et d’orfèvrerie, dès 1986, à la Lancshire University, dont il sort diplômé en 1990. Au Centre des jeunes Designers (Londres), il rencontre André Dubreuil et travaille, entre 1991 et 1994, avec lui.
Après cette collaboration, il s’installe à Paris où il explore ou approfondit différentes disciplines artistiques : la sculpture, la peinture décorative, les recherches chromatiques, ou encore les créations de prototypes. Depuis 2003, la Galerie Mougin le représente, et il réalise, pour elle, des pièces uniques en bois sculpté, laqué et patiné.

Sur ses tabourets, chaises ou miroirs, s’exprime tout son art de la patine et de la laque. Ses créations aux lignes pures et les matières puisent leurs origines dans les années 20 et l’Art Déco, et font écho aux réalisations de Paul Iribe, Georges Barbier, et Sue et Mare. L’artiste y trouve son inspiration, s’en approprie les codes pour créer des oeuvres originales et personnelles.

VÉRONIQUE RIVEMALE

Issue d’une famille de céramistes, Véronique Rivemale commence, en 1973, ses études à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs (ENSAD). En 1977, elle intègre, en tant que styliste, l’Atelier des Hurets, manufacture spécialisée dans le carrelage décoratif en faïence, et située en Bourgogne. En 1985, elle crée son propre atelier, en Bourgogne, qui accueille son univers inspiré du Mali, et du savoir-faire des potiers traditionnels, et réalise ses premières pièces uniques en céramique.

Véronique Rivemale Gueridon Rivemale, Nov 2014

Durant ces années-là, elle travaille pour la galerie En Attendant Les Barbares, et participe aussi à des expositions au musée Christian Dior à Granville, et aux musées de Sarreguemines. La boutique des Arts Décoratifs a aussi présenté ses créations. Depuis 2008, elle travaille en exclusivité pour la Galerie Mougin. Elle réalise ses luminaires et miroirs, en céramique émaillée qui offre des reflets métalliques. Poésie de la broderie, raffinement de la haute couture et préciosité de la joaillerie associés à une maîtrise technique parfaite caractérisent ces pièces uniques.

LES FARFELUS FARFADETS

Les Farfelus Farfadets, derrière ce nom poétique se cache un duo, Anne et Laurent. Nés au début des années 1970, ils se rencontrent, en 1990, aux Arts Appliqués, et poursuivent ensemble leurs études aux Arts Décoratifs de Paris. A partir de 1996, ils s’expriment à travers la sculpture. Leurs bas-reliefs accueillent tout un bestiaire, un monde de chimères, et des curiosités. Ils puisent leur inspiration dans les cabinets de curiosités et les contes de fées. A quatre mains, ils créent “un monde tout en papier mâché”. Depuis 2010, ils développent en exclusivité, pour la Galerie Mougin, des objets d’art en papier mâché, et repoussent les limites de ce matériau en l’utilisant pour des luminaires et des miroirs. Vraies pièces en papier mâché qui donnent l’illusion du plâtre ou du stuc, entre l’élément décoratif et la sculpture.

THIERRY LEPROUST

Architecte d’intérieur formé à l’Ecole Boulle, Thierry Leproust a mené de front des carrières très reconnues de peintre et de scénographe. Depuis 1990, il conçoit des meubles et des objets de décoration qui, bien que fonctionnels, s’apparentent à la sculpture. Chacune de ses créations s’avère unique, et peut être considérée comme une variation du parallélépipède, volume considéré comme forme primordiale de toute fonction utilitaire.

Thierry Leproust Mirror janv 2015

Le refus systématique de l’effet formel gratuit, le jeu strict entre le plein et le vide, le dessin net et abstrait caractérisent l’oeuvre de cet artiste. Seul contrepoint, un décor de laiton, patiné en très bas-relief et souvent clouté, habille ses meubles. Ces coffres magiques et secrets y gagnent une réelle profondeur et une part de mystère. Ses pièces occupent l’espace tels les éléments d’une scénographie, minimale et efficace, du quotidien.

DAMIEN HAMON

Après une solide formation en ébénisterie, Damien Hamon s’est accordé deux années pour une plongée solitaire parmi les philosophes et les artistes. Il multiplie les expériences professionnelles dans les métiers du bois. En 1998, il crée daha mobilier, et peut ainsi expérimenter plus librement ses thèmes de prédilection. Les projets et leurs réalisations l’amènent à rencontrer des gens du métier de la conception. Une expérience, qui lui offre une formation complémentaire, l’amène à se mesurer aux codes de la création.

Commode Bleue Damien Hamon Avril 2015

Au fil des ans, son œuvre se fait connaître et reconnaître dans
le milieu des arts et du design. Sa signature telle une apparente simplicité : des lignes épurées pour une lecture nette qui offre un espace au regard, et qui entraîne dans un monde subtil jouant avec la lumière, le plein, et le vide. Jeux d’accumulations, de superpositions, de décalages, de perspectives suscitant de véritables vibrations caractérisent ses créations. Désireux de multiplier les expériences, tout en poursuivant ses réalisations personnelles, il s’associe à différents projets : RU édition, O-forte, ligne de mobilier Chuan. Gladys Mougin, chasseuse de talents, l’accueille en 2015, grâce à son nouvel espace.  

MOLÉNAC

Diplômé du Studio Berçot, Molénac explore, tout d’abord, les territoires de la mode, durant quinze années. En création pour Claude Montana ou encore Jean-Paul Gaultier, en direction artistique pour la Maison Grès. Il oeuvre aussi sur l’ensemble de ces fonctions, au sein de sa propre maison
de haute couture. Le style de ses collections, singulier, novateur, et la qualité de son travail sont récompensés, notamment, par les Prix de l’ANDAM, du Ministère de la Culture et de la Communication, et de la Fondation Cartier. Molénac utilise davantage la couture et sa mise en lumière comme un moyen d’expression, et ne les considère pas comme une fin.

Molénac MOBILE METAL REPOUSSE

Il quitte l’univers de la mode aux balbutiements du numérique et choisit un médium lui permettant de s’exprimer à l’heure de cette révolution. Les nouvelles technologies et les nouveaux matériaux lui ouvrent le champ des possibles, et représentent un formidable territoire créatif. Il les exploite depuis lors, en tant qu’artiste plasticien, et expérimente des techniques qui lui sont propres. Pour la galerie Mougin, il présente des sculptures mobiles en métal repoussé dans des finitions inox, cuivre ou laiton.

NATHALIE ZIEGLER-PASQUA

Après 20 ans de carrière à l’Opéra de Paris, dont six années comme soliste, Nathalie Ziegler-Pasqua poursuit sa recherche des lumières à travers ses sculptures de verre, parfois multicolores, et ses miroirs. En 2002, elle lance sa première collection, Scène d’intérieur, pour le salon Maisons & Objets. Pour ses pièces les plus récentes, elle utilise un verre bariolé qu’elle fait réaliser dans les verreries de Saint-Just dont le savoir-faire ancestral se perpétue depuis huit siècles. Pour elle, l’atelier produit le verre par plaque, en suivant ses souhaits de couleurs, de transparence ou d’opalescence…

Nathalie Ziegler Pasqua 02 Candélabre One XL Bariolé Blue

Elle le taille, l’assemble, et réussit le doublé de capter et de propager la lumière à travers une création sensible, souvent florale, décorative, parfois votive voire mystique. Ses créations attirent à la fois les regards et la lumière, et illuminent les espaces qu’elles habitent. Ses œuvres ont déjà voyagé à Milan, New-York, San Francisco et Los Angeles.

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À suivre

Galerie Mougin  -  www.galeriemougin.com
22 & 30, rue de Lille  -  75007   Paris
Métro : Rue du Bac (ligne 12) - Saint-Germain-des-Prés (ligne 4)  -  RER : Orsay (ligne C)
Tél. 01 40 20 08 33
E-mail : info@galeriemougin.com
La Galerie Mougin ouvre ses deux espaces du mardi au samedi de 13h à 19h