Inklaw - Guðjón Geir Geirsson - Reykjavik Fashion Festival 2017

Guðjón Geir Geirsson et sa bande de potes ont créé leur label, Inklaw. De l'encre qui fait sa loi et tatoue ses convictions sur la toile... Internet et réseaux sociaux bien maitrisés participent alors à la narration d'un nouveau système de faire et de penser une mode. Inklaw se sont des produits comme des blousons-bombers, des hoodies, des caleçons sur des shortys, des jeans slim destroyed, des parkas over-size, métamorphosés en pièces de mode. S'il n'y a rien de plus facile que de porter un sweat-shirt, Inklaw rajoute un sens piqué déci-delà à l'entertainment, à la scène hip-hop et aux images diffusées en continu, sans pudeur, franches et sans filtre... Inklaw fonctionne comme la Factory d'Andy Wharol pour nous dire que l'union fait la force et fédèrera toujours son gang...

People & Celebrity endorsement

Arnór Ingvi Traustason, Coco Rocha, Justin Bieber portent Inklaw. Pour le vérifier, il suffira d'un signe et d'un petit clic sur l"écran lisse de votre smartphone, d'un doigté cool et expert pour jeter un œil sur twitter, intagram, snapchat, facebook... Dans ce name-dropping, il ne faudra pas oublier Craig David, Nick Jonas et la it-girl Lady Victoria Frederica Isabella Hervey... Elle est toujours fatale et sexy-demain...

Cela tombe bien car la Belle était venue soutenir cette nouvelle génération, lors d'un défilé-happening scénographié, chorégraphié présentant la collection Statement... Accompagnée de ses deux vrais bodyguards, à mi-show dans le tempo, c'est une main sur la hanche et la moue glamour à mort que la Lady a fait son come and back, d'un aller-retour sur le catwalk. Vicky, pour les intimes, est venue insuffler son pas de chat hyper-sensuel, sexy-accessible, lointain-séducteur, désirable-surprenant...

La collection fait son show

Dans la logique du défilé en tant que performance, la It-girl des années quatre-vingt-dix faisait écho à toutes ces femmes qui ont bénéficié, un jour ou l'autre, d'une attention médiatique particulière et très importante, en général de façon subite, parfois temporairement. Car bien avant les selfies, l'influence se jouait dans les pages des magazines en papier glacé...

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Aujourd’hui, les influenceurs ont repris le flambeau via les réseaux sociaux... Le post, les commentaires et ses likes diffusent des instants de vie qui n'ont plus rien à voir avec le it-phénomena souvent liée à un événement de la vie d'une personne, ou à une de ses activités sportives, physiques, sentimentales... Buzz une fois, un peu, à la folie... Aujourd"hui, nous scrollons nos écrans, nous matons des vidéos sur nos tablettes... La télévision et la presse papier classique appartiennent à un autre temps... Darling...

Génération numérique

Smartphone à la main, vaporette en bouche, les jeunes gens qui ont défilé pour Inklaw composent une tribu actuelle, mix et match de petits gars, jolies filles et mannequins professionnels. Si dans les années quatre-vingt, un casting sauvage se faisait dans la rue, avec Inklaw la sélection se fera via instagram pour capter une personne cool et qui a surtout des followers... Beaucoup de followers... Transformer des suiveurs en acheteurs et des likes en j'adhère est une stratégie judicieuse encore plus lorsque les ventes passe par un e-shop...

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Du mouvement, une playlist hip-hop, une circulation en 8 comme à l'infini, faisaient se retrouver dans une joyeuse ronde une mode street-wear. Les séquences du show enchainaient un tartan pour questionner le clan, un néo-camouflage en hommage aux pacifistes des années soixante-dix, une silhouette cagoulée en hommage au graffeur Bansky, et du XXX apposé sur du coton pour rester debout et vivant, un splash de peinture comme une première jouissance fougueuse, des jeans défoncés, trop défoncés, des liquettes en goguette,un blouson un peu XXL vraiment cool, une parka enveloppante-cocon. Voila la composition dans le désordre du dressing des jeunes des années 2020 !

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A encourager vivement, en ayant bien conscience que le temps sera un allié fidèle pour la dream-team Inklaw. La maturité, les rencontres, les expériences feront évoluer, toujours dans la bonne voie, les collections futures...

Un gang uni pour créer ses codes

Lancée en 2013 par Guojon et Robert, respectivement âgés de dix-neuf ans, Inklaw fait partie de cette catégorie de marques-médias ou brand content et ligne éditoriale participent à la narration, fabriquent une réputation et un personal branding connecté. A vrai dire, les sympathiques petits jeunes ne se sont pas engouffrés dans la brèche par opportunisme mais font partie de cette génération, née un smartphone à la main. En se positionnant sur le créneau de l’innovation sociale, du celebrity endorsement et en diffusant des images précises, l'intégration du digital jouera sur la frustration d'un éphémère snapchat, de l'échange de Tweetwalk...

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Mode, promesse d'une Liberté et de Célébrité

Voila pourquoi au final, la tribu surgit, un smartphone à la main, filme, diffuse, se barre, disparait littéralement dans les escaliers du Harpa Center... Ce sera le jeu du chat et de la souris pour avoir notre interview... Ah les petits malins... La disparition after-show d'Inklaw renvoie alors à la Star qui ne veut pas dire au revoir, à son public, à la fin de son concert... Frustration, désir, attraction et intérêt sont les quatre leviers d'une règle d'or... Même à l'heure du tout numérique... C'est la tactique de la mécanique bien huilée, baby...

À suivre

Inklaw

Reykjavik Fashion Festival