Des ...Equilibrum par On aura tout vu

Du chaos nait la création. Le déséquilibre, absence d'égalité, d'harmonie entre des choses et d'autres, évolue vers une émancipation car la vie est sage. A un moment donné, l'équilibre se remet en place sur le grand échiquier.  On aura tout vu trace, pour le Printemps-Été 2020 un nouveau parcours Couture à travers les thèmes récurrents d'une pensée mode et sémiologique : parure, totem, tabou, attrape-regard, genre, ornement. Décryptage d'une collection sensationnelle qui rime, une fois de plus, avec le talent et la révélation...

L'intrigue : D'un simple battement cœur

On aura tout vu, alias Livia Stoianova et Yassen Samouilov, duo chic-choc, binôme glamour et émotionnel à la créativité sur la touche "on", nous enchante au fil des saisons en questionnant le corps, l'espace, le mouvement, l'identité multiple, la métamorphose, le show-off, le strass qui enlève le stress, une ligne toujours mutante qui fait twister l'époque, révèle la peau et nous téléporte vers leur univers si unique. De la pudeur des sentiments à la révélation d'une maitrise parfaite de la coupe, On aura tout vu a construit sa propre grammaire in house sémiologiquement couture qui pousse à une dimension divine, cinématographique et forcément fatale...

Dans ce décryptage, l'animal, le bestial n'est qu'un axe pour envisager le corps comme un gant retourné. Le duo est né, sous perfusions de vidéo-clips, de pixels, de connections faisant des ponts entre le vivant et le virtuel, rappelant un écho revival fantasmé des eighties au des nineties... Dans ce mix and match, il ne faudra pas oublier leur culture personnelle, la mélancolie Bulgare qui s'évapore dans un bruissement de taffetas, de soie et de satin, pour toujours garder un hymne à la joie, à la vie et sa folie.  Une alchimie, où Il y a tout ce que le duo ne nous révèlera jamais : ce ne sont pas des secrets juste une manière télépathique de travailler et de se faire confiance, pour qu'au fil des collections le public s'exclame "On aura vraiment tout vu". C'est assez pervers d'augmenter les désirs via cette promesse qui n'est qu'un "to be continued ".

Ce titre éponyme pousse Livia et Yassen à toujours se dépasser pour nous séduire... La Séduction, l'Amitié, l'Amour et dans cette suite d'idées : le Cœur, canal libre de l'énergie vitale de l'âme, corridor entre l'âme et l'Esprit. Cet organe nourricier qui anime la circulation, décrit le centre magnétique et vital de la réalité des deux designers. Pulsations... Émotions... Sensations. Voila à l'instant T, le mot parfait pour ouvrir ce Printemps-Été Couture 2020... Musicalité d'un rythme cardiaque quand le show "must go on" prend place sur la scène du Paradis Latin, aux rythmes de pulsations... Une Dame de Coeur, casquettée et couronnée de Gi-Joes, au body échancré et strassé, aux cuissardes domininatrices, à la cape oversize froufroutante nous murmure de "faire l'amour et plus pas la guerre"... D'un jupon d'une danseuse de French Cancan à la gambette légère, le message se transpose sur une cape comme pour faire un clin d'oeil à à la "Madelon qui viendrait nous servir à boire...  Sous la tonnelle on frôle son jupon et chacun lui raconte une histoire."

Le Cadre : Renaitre et se réinventer

Pourtant la référence nous emmène vers Jean Marie Rivière... Depuis le 02 mai 2019, le Paradis Latin présente sa nouvelle revue, "L’Oiseau Paradis", avec Iris Mittenaere Miss France et Miss Univers 2016  en  meneuse de revue, mise en scène par le talentueux Kamel Ouali, avec des costumes signés On aura tout vu. Il y est question de sensualité, de poésie, et de panache. Mais au plus profond de l'inconscience collectif diurne parisien, qui dit Paradis Latin n'oubliera pas Jean-Marie Rivière. L'Homme, dernière grande figure d'une tradition parisienne de la revue, serait tombé sous le charme des paillettes et des strass, des éclats de cristaux et des merveilleuses matières pour "ré-habiller" nos vies, en la faisant scintiller de mille feux.