Rami Al Ali Haute Couture AH 2015

Pour cette sixième saison consécutive, le créateur Syrien, Rami Al Ali, a choisi les escaliers du Musée des Arts Décoratifs pour présenter en boucle sa collection Haute Couture Automne/Hiver 2014-2015. Astucieux et malicieux de faire ce happening défilé dans l’axe du circuit mode qui se situe à vol d’oiseaux de la rue Bonaparte, de la rue Cambon et juste à coté des jardins du Palais Royal. Rami Al Ali nous a reçus en backstage pour répondre à notre interview.

Amazoniale

Cette saison nouvelle, Rami Al Ali s’est allongé sur un lit de mousse et a regardé le ciel. Pas n’importe lequel, celui de la forêt tropicale amazonienne pour en révéler, comme un jeu de cache-cache à travers feuillages et branches tous ses mystères. Vingt pièces uniques comme vingt oiseaux de paradis jouent sur la notion de parure et de paraître.

Rami Al Ali AH 2015

Être vue ou se faire discrète comme un camouflage sauvage ou apparaître comme une fleur tropicale qui se donnera ou pas à celle qui portera la toilette. Ce mixage couture est rendu par des textiles où les recherches d’ornements sont délibérément placés pour masquer et dévoiler sur une base d’organza, de soie, de gazar, de taffetas et de tissus lamés.

La flore et sa naturalité

Mousseline, voile et tulle se superposent à la dentelle mais aussi aux étoffes découpées laser. Les enductions gold s’opposent alors à un vert émeraude, un beige nude et un or précieux. La géométrie de la nature sereine trace des lignes pures. Les robes sont des chrysalides qui évoquent la métamorphose d’un monde. Celui de l’intime et du végétal, celui aussi d’un traitement de motifs comme des calligraphies pour illustrer dans ce paradis « Al Alien ».

Rami Al Ali Backstage

Des nouvelles Eve sont, alors, vingt à descendre, à prendre la pause et à remonter les marches en pierre de musée. L’escalier symbolise aussi cette ascension vers une idée de la perfection. Cette construction en tableau vivant fait alors le pont avec sa précédente collection, inspirée par le peintre Everett Millais.

Créatures magiques

Les robes sont pour une femme-fée qui comme un fantasme, évolue et enchante des sous-bois transpercés par les lumières. Les silhouettes vaporeuses dessinent alors les courbes du corps pour offrir une silhouette onirique. La ligne classique oscille entre le A et le X pour marquer la taille. Les jupons sont courts, parfois longs et volumineux, traités en superposition, reproduisant l’organisation des pétales autour d’un pistil.

Rami Al Ali Backstage

Géométrie chlorophylle

La canopée tropicale s’illustre à travers des broderies recherchées et des tissages où les mailles ont des rendus tridimensionnelles. L’idée des strates, de la couche d’humus qui recouvre le sol de son lit protecteur pour donner du sens comme les racines de l’arbre qui comme des veines s’enfoncent dans les profondeurs cachées au cœur de la terre. Le twist dans l’esquisse des looks donne un aspect conquérant et faussement fragile à ces amazones « so couture ». Les sequins mats sont comme des gouttes de rosée. Les cristaux élaborés sont des accroches-coeur qui fusionnent avec une palette bleu roi, jaune vif, rubis, pourpre. Rami Al Ali nous dessine, alors, sa forêt et d’émeraude.

À suivre