Myrka - Harpa Einarsdottir - Reykjavik Fashion Festival 2017

Harpa Einarsdottirs signe des collections où le noir n'est qu'une porte de téléportation pour dessiner des silhouettes inspirées par l'Islande. Avec son label Myrka, tout n'est qu'une question de création sous tensions. La créatrice capte dans ses carnets de croquis des changements de lumières, des paysages en road-trip et des matières attirantes, pour des refoulements émotionnels souvent sombres... Harpa Einarsdottirs nous en dit un peu plus lors d'une interview devant la caméra du Fashion Post... Cela se passe pendant Reykjavik Fashion Festival 2017

Une bande magnétique

Un close-up photographique, de la nature vers la culture, est le point de départ d'une histoire. Cette mutation capte un lichen chlorophylle, une pierre de lave patinée par le vent et l'océan, une eau ruisselante, huileuse et sombre un soir de pleine lune... Le défilé de Myrka est comme une bande magnétique qui déroule ses interdits. Au premier angle de prise de vue, il pourrait apparaitre un voile de mysticisme alors que le flux qui coule dans ses veines est du sang viking...

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La Mode, Harpa Einarsdottirs l'a ressenti depuis longtemps dans ses tripes, à la vie, à la mode, à la renaissance d'un cycle nouveau...  Cette spirale infernale se traduit dans son monde personnel pour le transposer sur des corps. Harpa Einarsdottirs est une artiste en rupture avec les codes des tendances du marché de masse et s'éloigne d'une trajectoire établie par un système pour nous emmener dans des sentiers sinueux. L'idée est de consommer moins pour consommer mieux avec des belles pièces qui nous accompagnent longtemps.

Sur un écran géant

Myrka se veut un label consciencieux. Le cuir et la fourrure proviennent de mouton islandais élevés, en liberté, sur les hauts plateaux et consommés à des fins alimentaire. Les peaux sont récupérées. Les fourrures végétaliennes sont faites à partir de fibres naturelles issues d'usines non polluantes.

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Notre approche écologiquement responsable veut sensibiliser nos clientes. Nous n'utilisons que des textiles durables et recyclés, des vêtements de seconde-main améliorés s'insèrent dans le plan de collection. La proposition se veut audacieuse, avec un statut affirmé, moderne et cool. La dichotomie de vêtements de sport streetwear urbains et sportifs, met l'accent sur une nature magique dans une élégance maitrisée - Harpa Einarsdottirs

Les laines fabriquent des fibres naturelles des plus durables. Myrka souhaite dans son processus de création et de fabrication devenir totalement écologique, préoccupée par les problèmes environnementaux. La traçabilité des propositions permet de sensibiliser les publics.

Un sourire s'y détache

Il n'existe pas de noir diktat chez Myrka mais une palette d'effets et de textures qui construit un univers significatif. De l'ombre à la lumière, l'enchantement se distille dans des impressions uniques, du mat, du brillant, des satins liquides, des voiles transparents, des velours sexy. La femme d'Harpa Einarsdottirs est libre, combative, séductrice et déterminée et se joue de silhouettes pointues...

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Zoom sur une broderie, focus sur attrape-regard avec des fils et des nœuds sous tension, la ligne globale s'articule avec du cuir, de la maille, de cachemire en soie... D'un champs de lave rugueuse frappé par une lumière aveuglante, des pièces en cuir argenté sont comme des miroirs brisés saisissant les glaciers islandais. Le satin liquide et les pannes de velours sont comme les vagues frappant les plages noires mystiques de l'Islande...

Son nom : Myrka

Qui est la vague ? Qui est l'ile nue ? Nous pourrions glisser un Je t'aime moi non plus et nous griller un clope, en hommage à Serge Gainsbourg... C'est une manière inconventionnelle de capter et d'interpréter le message de Harpa Einarsdottirs qui exprime une pulsion sexuelle, sensuelle. Il y a bien évidement une mythologie nordique qui nous invite à nous lover dans des textures envoutantes... 

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Dans cette sorcellerie chamanique, l'artisanat nordique fait un clin d'oeil aux costumes nationaux pour les remastériser...  La créatrice s'inspire de Völva, voyante très puissante dans la mythologie nordique pour exprimer son féminisme. Dans une vibration de spleen et idéal, c'est aussi sa propre traduction d'une Lettre du voyant, lettre privée écrite par Rimbaud à Paul Demeny... Une mélancolie sensible...