Miro Misljen, Moda Povera

Miro Misljen construit sa "Moda Povera" pour affirmer une posture, un comportement qui consisterait à défier l'industrie de la fastfashion et du vêtement globalisé. Il est certain que sa proposition chaotique est unique. Miro Misljen n'aime pas les centres commerciaux, déteste la société de consommation... Le désigner nous en dit un peu plus devant la caméra du Fashion Post.

L'Art Pauvre habille la mode de Miro Misljen

La guenille exprime une sophistication bohème pour rejoindre ce mouvement artistique italien, l'Arte Povera, prenant sa source à Turin et à Rome, pour se diffuser sur la scène internationale depuis les années soixante. Miro Misljen exprime un état d'esprit, une attitude. A l'ouverture de son défilé, le premier look est l'expression du poids de la vie... Comme les artistes italiens depuis 1967, Miro Misljen cherche à provoquer une réaction chez les spectateurs, acheteurs, les journalistes et les consommateurs. Il utilise le happening pour son défilé qui portera alors sa cause, pendant Serbia Fashion Week... Il n'est pas facile de défier l'industrie culturelle, la société de consommation. Les mannequins deviennent alors des activistes d'une stratégie bien pensée sur le modèle de la guérilla urbaine... Miro Misljen, a-t-il toutes les cartes en main pour entamer une révolution ? Le désigner propose un disrupting pour casser les codes avec les autres collections proprettes proposées : pas très clean, vraiment destroyed, sur-teintes, coupées bord-franc...  

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A gauche, Venus of the Rags - Venere degli Stracci 1967 Tate Modern, London par Michelangelo Pistoletto - A droite, Miro Misljen, look d'ouverture

Mais alors, comment refuser une identification à un système de mode quand vous intégrez le calendrier officiel de Serbia Fashion Week ? Nous garderons du show le concept d'un processus, du geste du créateur au détriment du vêtement bien fini, celui-là même qui devrait terminer sur un portant... 

Less is more

Si vous effacez les bouches au make-up carnivore, dessiné comme un sens interdit, ce baiser à la face de canards, véritable duck-face qui se moque des blogueuses au lèvres trop "repulpées"... Si vous repensez la manière de jouer avec des foulards et de ne plus les enrouler en turban sur la tête, comme cette concierge qui passe la serpillière dans le hall d'entrée d'un immeuble du quartier de Barcelonnette, l'angle de vue change et la petite robe taillée dans le biais est acceptable, mignonne...

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Dans ce chaos orchestré,  le signifiant devient insignifiant. A moins que ce ne soit l'inverse... Miro Misljen résiste à toute tentative d’appropriation, touche en plein coeur un groupe nomade et reste, dans l'air du temps, insaisissable. La liberté a son prix.. Drapeau Rouge et coco contradiction...